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Vive les stagiaires

Pourquoi accepter de prendre un stagiaire ?

Je reçois souvent des demandes de personnes de tous âges pour faire des stages de musicothérapie. Je travaille seule alors pourquoi accepter de prendre des stagiaires ? d’ailleurs certains sont confrontés au refus par peur qu’ils prennent un jour la clientèle

Mais qui sont ces stagiaires intéressés par la musicothérapie ?

Ils sont variés 😊 cela va du groupe d’élèves de lycée qui ont des TPE , au jeune étudiant en musicologie, composition musicale ou psychologie , des personnes en reconversion professionnelle et qui suivent un cursus de formation en musicothérapie ou art thérapie.

Je reçois la visite ou du moins je partage mon quotidien avec des personnes de 15 à 60 ans

Pourquoi j’accepte de les recevoir ?

Je fais un métier de communication, d’échanges et de donner un élan d’envie, c’est tout aussi valable pour les stagiaires.

Mon approche bien sûr est différente selon les profils :

Cette année j’ai réalisé 8 TPE (Travaux personnels encadrés) avec des jeunes de lycée, j’aime leur répondre parce qu’ils me posent des questions sur mon métier parfois très naïves et d’autres fois très précises, ce qui m’oblige à structurer ma réponse et à faire un bilan sur mon métier. Désormais si j’arrive à expliquer plus facilement mon métier c’est grâce à eux.

Voici quelques exemples de questions :

En quoi consiste votre métier ? qu’est-ce qu’un musicothérapeute ?

Qu’est-ce que la musicothérapie ?

Est-ce que vous pouvez guérir des maladies ?

Comment savez-vous quelle musique il faut utiliser ?

Trouvez-vous des effets négatifs à la musique ? / Quels sont les effets positifs et négatifs d’après vous ?

Pouvez-vous (ou pas) nous confirmer que l’histoire moderne de la musicothérapie débute au 20ème siècle, suite à la grande guerre et de ses traumatismes où il fallut trouver une forme alternative de traitement en utilisant la musique pour pouvoir agir aussi bien sur la maladie que sur les blessures psychiques, particulièrement dans le domaine psychiatrique ?

Pouvez-vous nous expliquer, quelles sont les vertus et les inconvénients (s’il y en a) de la musicothérapie, et dans quelles situations pouvons-nous faire appel à un musicothérapeute comme vous ?

Mais aussi des questions d’étudiants en psychologie :

Pensez-vous qu’il y ait une différence entre l’hallucination psychotique et celle d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ou à corps de Lewy ?

Pensez-vous que l’hallucination d’une personne peut être un média dans la prise en charge en musicothérapie ? Peut-elle faire l’objet d’un lien dans la relation transférentielle entre vous et la personne et si c’est le cas comment ? Où serait-ce plutôt le délire qui peut faire lien ?

Alors qu’en pensez-vous ?

Et oui je suis d’accord,  parfois j’ai besoin de relire plusieurs fois la question pour comprendre et apporter une réponse intelligente.

Mais aussi c’est une belle manière de se resituer dans son métier et de ne pas perdre son chemin. C’est une remise en question permanente que m’offrent ces jeunes stagiaires.

J’aime cela car cela me permet de rester éveillée, alerte et plus proche des interrogations des uns et des autres.

Le stagiaire un miroir professionnel

Je reçois aussi des stagiaires en cours de formation en musicothérapie ou art-thérapie et ils m’accompagnent en tant que co-thérapeute des séances.

Il va de soi que pour certaines séances en individuel, je ne les intègre pas à la relation que je peux avoir avec la personne que j’accompagne.

Dans mes séances de groupe au contraire ils nous font du bien à tous, résidents et moi-même.

Récemment une future musicothérapeute m’a accompagnée pendant plusieurs mois et je reconnais que nos regards croisés étaient riches car nous nous installions dans des emplacements avec des angles de vue différents pour observer  une situation similaire.

C’est très riche pour moi.

C’est aussi un bon moyen d’avoir le reflet de mes actions, à travers le renvoi de celles-ci que fait le stagiaire.

Le stagiaire miroir

Cette fonction qu’à le stagiaire est très importante, travaillant seule la plupart du temps, je ne suis pas toujours dans la capacité de m’auto analyser et leurs regards m’aident à maintenir mon cap en tant que thérapeute neutre et à l’écoute.

Un exemple d’observation :

« Une grande écoute, une expression très fluide et une grande marge de liberté et de « mouvement » sont laissées par la musicothérapeute, tant aux participants qu’aux autres intervenants et partenaires des institutions.

. La musicothérapeute travaille avec beaucoup d’interrelations et d’ouverture avec les autres professionnels ; également avec une diversité de milieux et de modes d’accompagnement. Ses interventions sont marquées par une grande disponibilité et une très grande aisance dans sa relation avec les patients. Elle attache une attention particulière à la posture, à l’attitude, au choix des mots et au dialogue avec les patients; attitudes toujours positives, sécures et bienveillantes.

. Les séances ont été riches d’enseignements quant aux méthodes réceptives, à l’utilisation du chant, à la posture de thérapeute ; apprentissages concrets qui se sont faits au fil des situations vécues pendant les séances. »

Croyez-vous que je vois tout cela dans le feu de l’action ? – bien sûr que non 😉

D’où cette importance de partage, ils m’offrent leurs regards et interrogations, je leur partage mon métier et la rencontre avec de belles personnes qui ont tant à raconter et faire encore.

Stagiaires je vous aime  

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